Accueil - Apprentissage scolaire - Pourquoi un stylo-plume pour gaucher ?
Date : 23 Fév 2026Catégories : Apprentissage scolaireActusParents Enfants
Je suis peut-être de la vieille école, j’utilise chaque jour des stylos-plume, j’en ai de toutes les couleurs et de toutes les formes. Mais pourquoi utiliser cet outil quand on peut prendre des notes sur son téléphone ou sur son ordinateur et surtout, pourquoi un stylo-plume spécifiquement fait pour les gauchers ?
Des études récentes montrent qu’abandonner l’écriture manuscrite n’est pas une bonne idée, mais alors pas du tout. Si on omet volontairement l’usage de l’intelligence artificielle qui essaie de réfléchir à notre place, ces études montrent que l’usage de stylos ou de crayons et de papier permet une manière différente de penser, d’organiser son travail, mais aussi et notamment de mémoriser et de prendre le temps de formuler des textes avec le vocabulaire ad-hoc. Les graphopédagogues ne me dédieront pas !
La prise de note sur ordinateur est plus rapide, on note quasiment mot pour mot ce que l’on entend. Quand on écrit à la main, on est obligé de reformuler donc en quelque sorte de digérer ce que l’on a entendu. Et on retient mieux. Je ne parle même pas de nos téléphones qui font aujourd’hui office de « mémoire extérieure ». Je retiens certains numéros de téléphone anté-j’ai-toujours-un-téléphone-portable-dans-ma-poche, mais malheureusement, impossible de retenir les numéros récents. Tant que ce n’est pas passé entre mon cerveau, ma main, un stylo et un papier, rien ne reste, tout s’oublie…
Le stylo-plume est exigeant, il ne s’adopte pas comme ça, du premier coup. Au début, il dérape, il accroche, il bave, crache. Tel un petit poney pas encore débourré, il rue et ne se laisse pas faire. Nous voilà transformés en dresseurs de stylos, de mieux en mieux !
Loin de moi l’idée de faire faire des pleins et des déliés à nos enfants comme le faisaient nos grands-parents, mais l’utilisation d’un stylo-plume oblige à un soin dans l’écriture qui n’est pas le même qu’avec un autre instrument. Certains gauchers parmi nous – si tu me lis, mon cher fils, oui, je pense à toi en écrivant ces lignes – ont une écriture de « cochon ». Ça peut évidemment aussi être le cas chez certains droitiers de ma connaissance ! Le stylo-plume peut alors être utilisé comme un outil de rééducation, voire d’éducation à l’écriture. Voilà ! Tout de suite les grands mots !
Pour les enfants ou les débutants en écriture gauchère – oui ça existe, ma nièce a décidé de devenir ambidextre à 13 ans, cœur sur toi -, il existe des petits stylos comportant des empreintes qui permettront une bonne préhension. Ergonomiques, légers, ils ont la bonne idée de se positionner parfaitement, soit avec le bon angle, sur la feuille de papier. La position de pince tripode sera rapidement adoptée et pourra également servir pour tout autre outil scripteur.
Pour les non-enfants ou gauchers avertis, il existe pareillement des stylos-plume latéralisés. Mais pourquoi donc me direz-vous ? Parce que la plume est très légèrement biaisée pour glisser naturellement sur la feuille et vous permettre d’écrire sans que cela devienne aussi pénible que de passer l’aspirateur sur un champ de cailloux.
Pour les stylographiles, les nostalgiques de l’écriture à l’ancienne ou des très belles lettres, vous pouvez pousser le bouchon jusqu’à investir dans des plumes de calligraphie, pour gaucher.
Même si c’est à votre ami Pierrot et qu’il est sympa, qu’il n’ait pas de feu n’est pas votre problème : ne prêtez pas votre plume, jamais ! Comme dit plus haut, un stylo-plume ça se fait. Pour qu’il devienne votre compagnon idéal et que vous ayez envie d’écrire vos mémoires, votre liste de course ou des lettres d’amour, même quand il vous crache dessus comme un malpropre, il va falloir un petit peu de patience, pas beaucoup promis, pour qu’une confiance mutuelle s’installe entre votre stylo et vous.
L’éminence hypothénar sale, dont j’ai longuement parlé dans un autre article, est un signe de reconnaissance entre gauchers. Alors, soit on investit dans les cartouches d’encre qui sèche rapidement, soit dans du papier buvard, ou encore, on assume cette particularité.
Si vous êtes Sherlock dans l’âme, vous pourrez reconnaître un gaucher ou une gauchère qui utilise régulièrement un stylo à la petite bosse de l’écrivain. Aujourd’hui, c’est moins fréquent. On retrouve plus facilement cette petite excroissance sur le petit doigt de nos chers utilisateurs compulsifs de smartphone…
Alors reprenons ou prenons la plume, ne serait-ce que pour écrire : « N’oublie pas de te laver les dents. Bisous, Maman » !