Je suis contrariée

Date : Catégories : Parents EnfantsApprentissage scolaireActus

Aujourd’hui, je suis contrariée. Oui, ça m’arrive souvent. Je suis contrariée parce qu’il n’y a plus de café, parce que mon homme râle parce qu’il adore râler, parce que le soleil ne veut pas pointer le bout de son nez plus de deux jours d’affilée, parce que ma banquière ne répond pas à mes (très) nombreux messages, parce que mon clavier est bègue du i… bref, j’ai moult raisons de l’être, mais je le suis surtout parce qu’encore aujourd’hui, j’entends ici et là qu’on contrarie les enfants gauchers ! J’ai déjà écrit un article à ce sujet concernant l’histoire de la contrariété, je ne reviendrai pas dessus.

On ne torture plus les gauchers

Alors oui, on n’attache plus la main gauche des enfants dans leur dos, a priori, on ne leur tape plus la main gauche à coups de réglette pour qu’ils utilisent la droite, mais malheureusement, la droiterie est encore aujourd’hui une injonction, plus ou moins insidieuse. Dans une classe de 25 élèves en âge d’apprendre à tenir un crayon, il est plus facile pour les professeur.es des écoles, le plus souvent droitier ou droitière, d’apprendre à tous les enfants à dessiner ou écrire de la même manière.

Je suis fautive

J’ai appris à tricoter ou à faire mes lacets avec des droitiers. Je me rends compte, avec mes chers enfants, tous deux gauchers, que je suis incapable de faire ces gestes comme une gauchère. Je perpétue donc moi-même cette contrariété. Mais je suis tête en bois, paraît-il, alors j’ai trouvé une technique : plutôt que de me mettre à côté d’eux, je me mets en face, en miroir. Hé ! j’ai réussi mon coup. Enfin, plus ou moins parce qu’à 14 ans, j’en ai un qui a toujours des lacets qui traînent sur le bitume. À moins que ce ne soit un effet de mode auquel je ne me suis pas encore habituée. Mais bon, il paraît qu’il a passé l’âge des scratchs…

Arrêtons, arrêtons !

Bon, ok, ce serait plus simple, quand on a une majorité de droitiers dans son auditoire, de faire pareil pour tout le monde, mais passer d’une contrariété par la torture à une contrariété du laisser-faire n’est pas la panacée non plus. C’est une petite maltraitance, certes, mais une maltraitance quand même ! Comme dit le Dr Michel Galobardès dans son excellent livre Comprendre et accompagner l’élève gaucher : « Être gaucher est inné, héréditaire ou organique. On naît et on reste gaucher. Si on s’en détourne dans ses habitudes gestuelles, on le reste dans ses mécanismes cognitifs. »

Aidons

Pour les belles-mères, on va considérer que c’est foutu. Essayer de les convaincre que la gaucherie n’est pas un handicap, c’est faire pipi dans un orchestre à cordes. Quoique ! J’ai eu au téléphone une grand-mère de 77 ans qui souhaitait trouver du matériel pour aider son petit-fils de 6 ans dans son apprentissage de l’écriture. Malheureusement, les enseignants sont encore mal formés. Leur apprend-on qu’il vaudrait mieux mettre l’élève gaucher non seulement à gauche du bureau, mais aussi dans la classe elle-même ? Fournissent-ils aux élèves les outils adaptés à leur gaucherie ?

Latéralisation

Certains enfants se retrouvent en difficulté à l’âge d’apprendre à écrire. Des études montrent qu’il s’agit le plus souvent d’élèves qui n’utilisent pas la « bonne main », parce qu’on les y a forcé pour des questions sociologiques ou religieuses, par facilité ou encore par mimétisme familial (un grand frère ou une grande sœur droitier.e) ou parce qu’ils sont dans l’impossibilité d’utiliser leur main de prédilection, de manière temporaire ou définitive. Il est facile de détecter la latéralité naturelle d’un enfant : il suffit par exemple de lui lancer un objet et de voir avec quelle main il tente de le rattraper. On peut contrarier autant qu’on veut pour l’écriture, certains réflexes restent. Après, gaucher ou droitier, on peut être incapable de rattraper un objet lancé, ce qui est mon cas #dernierchoisiensportcollectifaucollège

Décontrarier, c’est possible

Si on se rend compte en tant que parent que son enfant aurait par mégarde été contrarié, s’il n’est pas encore un adosapiens courbé, les deux pouces sur son téléphone, il est peut-être encore temps d’agir. Enfin, si l’enfant en question est réceptif et qu’il a de grandes difficultés à dessiner de la main droite. C’est plus difficile si l’élève a déjà appris à écrire, mais rien n’est impossible ! Pour l’y aider, il lui faudra bien entendu les outils ad-hoc : stylos, crayons, double décimètre, etc. et faire des lignes d’écriture, comme on aurait fait des gammes en musique. Pas de secret, comme pour beaucoup de choses, c’est une question d’entraînement et d’habitude. Avec un peu de patience et une bonne vue, on pourrait faire entrer une pastèque dans la bouche d’un moustique, alors réapprendre à écrire…

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